La charge mentale, une des nombreuses causes du burn-out ?

La charge mentale, une des causes du burnout ?

Oui, je sais, « charge mentale », c’est un terme très récent. Pourtant, il définit un mécanisme très ancien et propre à l’humain.

En revanche, on ne peut pas réduire ce terme à une simple « to-do list » qui tourne dans la tête.

Pourquoi ?

Parce qu’en réalité, il couvre un champ beaucoup plus large.

Pourquoi la charge mentale continue-t-elle même lorsque tu es en arrêt ?

Pour faire un comparatif, prenons un ordinateur.

42 onglets ouverts, un mail commencé, deux discussions Messenger entamées, une vidéo en pause, une recherche Google en cours, des pop-up, des mises à jour en attente, un document Word à finaliser plus tard…

Bref, tu vois ce que je veux dire.

Tu ne t’étonnes pas qu’il ralentisse.

Alors pourquoi t’étonnes-tu que ton cerveau fatigue ?

Les onglets de ton cerveau sont invisibles

Pour ton cerveau, c’est exactement pareil.

Au-delà des informations à traiter en priorité, il y a un tas d’onglets qui restent ouverts en arrière-plan.

« Comment je vais payer les factures ? »

« Quel exemple je donne à mes enfants s’ils me voient flancher ? »

« Si je ne soulage pas un peu mon conjoint ou ma conjointe, il ou elle va finir en burn-out lui aussi… »

« Comment mes collègues vont-ils s’en sortir sans moi ? »

« Est-ce que mon médecin va prolonger mon arrêt ? Est-ce qu’il pense que je simule ? »

Et puis il y a tous les pop-up issus de ton histoire.

Ces blessures, ces traumatismes, ces expériences qui apprennent parfois à ton cerveau à rester sur le qui-vive.

Il suffit d’une remarque, d’un silence, d’un regard ou d’une situation qui ressemble à quelque chose que tu as déjà vécu pour que de nouvelles questions apparaissent.

« Pourquoi il m’a répondu comme ça ? »

« Qu’est-ce qu’elle va penser si je fais ça ? »

« Est-ce que je vais encore être rejeté ? »

Tu ne t’en rends même plus compte.

Pour ton cerveau, c’est devenu normal.

Pourquoi la charge mentale finit-elle par épuiser aussi ton corps ?

Tout ça demande énormément d’énergie.

Le cerveau est l’organe qui consomme le plus d’énergie de ton corps.

Alors imagine ce qui se passe lorsqu’il reste mobilisé toute la journée.

Petit à petit, cette activité permanente entretient aussi les crispations, les tensions physiques, les nœuds à l’estomac, les boules dans la gorge, le cœur qui s’accélère, la respiration qui devient plus courte…

Bref, tous les symptômes du stress.

Conséquence : tu es à fleur de peau émotionnellement.

Parfois, ça se traduit par des réactions qui te paraissent disproportionnées.

Parfois, au contraire, c’est une sorte de sidération.

Comme si tu ne ressentais plus rien.

Et comme tu ne te comprends plus…

Une nouvelle question s’ajoute à toutes les autres.

« Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? »

Encore un onglet de plus.

Et comme si cela ne suffisait pas, le burn-out ouvre lui aussi de nouveaux onglets.

Là où tu pensais enfin pouvoir récupérer, ton cerveau découvre de nouvelles préoccupations.

Tu te demandes comment tes collègues vont s’en sortir sans toi.

Tu espères que la personne qui te remplace n’oubliera rien d’important.

Tu te demandes si ton médecin renouvellera ton arrêt.

Tu culpabilises de laisser davantage de responsabilités à ton conjoint ou à ta conjointe.

Tu te demandes si tu retrouveras un jour la personne que tu étais avant.

Autrement dit, le travail s’arrête…

Mais la charge mentale, elle, change simplement de visage.

Ce qui t’épuise aujourd’hui n’est pas seulement ce qui a provoqué ton burn-out. C’est aussi tout ce que le burn-out est venu ajouter.

Pourquoi tes nuits ne sont-elles plus réparatrices ?

Et le pire, c’est que même la nuit, ça continue à tourner.

Tu t’endors en pensant à tes problèmes.

Tu te réveilles et l’angoisse te prend d’assaut.

Tu croyais avoir éteint l’ordinateur.

En réalité, tu l’avais simplement mis en veille.

Au réveil, il redémarre exactement là où il s’était arrêté.

Les mêmes onglets.

Les mêmes pop-up.

Les mêmes recherches en arrière-plan.

Tu as dormi.

Mais ton cerveau, lui, ne s’est jamais vraiment reposé.

Le véritable repos ne consiste pas seulement à arrêter de travailler

Tu comprends maintenant, pourquoi la charge mentale est une cause du burnout, et tu comprends également qu’elle en est aussi, en partie une conséquence.

S’il est normal que ton cerveau pense, ce qui l’est moins, c’est qu’il ne trouve plus le bouton « pause ».

Tant que tous ces onglets restent ouverts, il continue de mobiliser une quantité considérable d’énergie.

La bonne nouvelle, c’est qu’en comprenant pourquoi ils restent ouverts et en apprenant progressivement à les refermer, ce ne sont plus les automatismes qui régissent ta vie à ton insu.


Si cet article a mis des mots sur ce que vous vivez, sachez qu’il est possible d’aller plus loin.

Comprendre ce qui se joue est une première étape ; retrouver progressivement un équilibre en est une autre.

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