Auteur/autrice : admin4186

  • Pourquoi tu culpabilises autant ?

    Pourquoi tu culpabilises autant ?

    Avant de répondre à cette question, il est important de comprendre que la culpabilité est un mécanisme qui bien souvent est hérité de l’enfance.

    Comme beaucoup de nos réactions automatiques, elle s’est construite progressivement au fil de ton histoire.

    Un apprentissage qui commence souvent très tôt

    A force d’entendre certaines injonctions, celles-ci se sont probablement intériorisées.

    Très tôt, nous entendons des phrases comme :

    « Ne sois pas égoïste, pense un peu aux autres. »

    « Il faut savoir partager. »

    « Tu pourrais quand même aider un peu. »

    Ces phrases sont rarement prononcées avec de mauvaises intentions. Elles participent à l’éducation et à la vie en société.

    Mais à force d’être répétées, elles peuvent laisser une trace.

    Un sillon inconscient qui finit parfois par être interprété ainsi :

    « Si je ne veux pas décevoir, je dois répondre aux attentes des autres. »

    Ou pire encore :

    « Si je veux être digne de l’amour, de l’affection ou de la reconnaissance des autres, je dois satisfaire leurs besoins avant les miens. »

    Ce n’est pas une question de parents sévères

    Attention, cela ne signifie absolument pas que tu as grandi dans un environnement difficile.

    Ce mécanisme peut aussi se construire au sein d’une famille profondément bienveillante.

    Je me rappelle d’une jeune femme qui vivait dans une peur permanente de mal faire. Pourtant, elle avait toujours été valorisée.

    Ses parents l’encourageaient.

    Ses employeurs étaient satisfaits de son travail.

    Elle recevait régulièrement des compliments.

    Personne ne lui faisait de reproches.

    Alors pourquoi cette angoisse permanente ?

    Parce qu’elle avait tellement l’habitude de réussir qu’elle ne savait tout simplement pas ce qu’il se passerait le jour où ce ne serait plus le cas.

    Pour certains enfants, ne pas être à la hauteur pouvait entraîner une punition.

    Pour elle, c’était simplement… l’inconnu.
    Que se passerait-il le jour où elle n’y arriverait pas ? Les gens cesseraient ils de l’aimer ? De la soutenir ?

    Mais derrière ces deux situations se cache souvent la même peur : celle de perdre quelque chose de fondamental:

    L’appobation ? La reconnaissance ? L’affection ? L’amour ?

    Alors, pour ne pas perdre ça, tu te modèles à ce que tu crois qu’on attend de toi et tu essaies de satisfaire tout le monde.

    Lorsque les autres définissent ta valeur

    Peu importe la manière dont ce fonctionnement s’est installé.

    Ce qui compte, c’est ce qu’il produit aujourd’hui.

    Petit à petit, tu finis par laisser les autres définir ta valeur. Sans même t’en rendre compte, ton regard sur toi dépend davantage de ce que les autres pensent de toi que de ce que toi, tu sais de toi.

    Tu en viens alors à croire que tu dois être utile, rendre service, réussir ou répondre aux attentes des autres, comme si ta valeur dépendait de ce que tu leur apportes.

    Alors, lorsque tu ne peux plus faire autant ou aussi bien que tu le voudrais…

    La culpabilité arrive au galop.

    Autant te dire que si tu es en burn-out ou en dépression, l’épuisement réduisant tes capacités d’action, la culpabilité monte en flèche !

    Comment s’immisce la culpabilité même dans ce qui devrait être des bons moments ?

    Elle vient même te gâcher tes vacances ! Quand au lieu d’en profiter pour décompresser, tu ressens le besoin de tout organiser, de tout anticiper et de tout gérer, comme si tu devais constamment justifier ton existence.

    Comme si tu devais « mériter » ces vacances que par définition tu as déjà méritées.

    Et elle peut se traduire autrement, comme par exemple quand tu interprètes les comportements des autres.

    Si quelqu’un est de mauvaise humeur, tu penses que c’est à cause de toi,

    Si une activité que tu avais proposée ne plaît pas, tu te sens personnellement visée, alors que la critique concernait peut-être uniquement le prestataire.

    Tu prends facilement les remarques pour toi, comme si tout ce qui se passait autour de toi était, d’une manière ou d’une autre, de ta faute.

    Toutes ces situations ont pourtant un point commun.

    Elles ne parlent pas des autres.

    Elles parlent du regard que tu portes sur toi-même.

    Mais pourquoi tout ça prend la forme de culpabilité ?

    Parce que la culpabilité est rarement une émotion isolée. Elle est souvent le résultat de plusieurs émotions qui se combinent, s’entremêlent et se renforcent mutuellement.

    La première est souvent la peur. La peur de décevoir, de ne plus être à la hauteur, de perdre l’approbation, la reconnaissance ou l’amour des autres. Nous consacrerons d’ailleurs un article entier à la peur du rejet tant ce mécanisme influence nos comportements.

    À cette peur peut venir s’ajouter la tristesse. Celle d’imaginer que l’on pourrait être abandonné, rejeté ou ne plus compter pour les personnes auxquelles on tient.

    Puis apparaît souvent la honte. La honte de ne pas être à la hauteur, de ne pas avoir réussi ou d’avoir déçu. Comme si le simple fait de ne pas répondre aux attentes suffisait à remettre en question notre valeur.

    Face à ce mélange d’émotions particulièrement inconfortable, la colère peut faire son apparition. Elle donne souvent le sentiment de reprendre un peu de contrôle, ce qui explique en partie pourquoi l’irritabilité est si fréquente dans le burn-out ou la dépression.

    Mais cette colère n’est pas toujours dirigée vers l’extérieur. Si tu as appris qu’exprimer ton mécontentement pouvait mettre la relation en danger, tu risques de la retenir. Elle ne disparaît pas pour autant. Elle change simplement de direction et finit par se retourner contre toi.

    La culpabilité peut alors émerger de cette première combinaison émotionnelle.

    Mais ce n’est pas la seule.

    Elle peut aussi apparaître lorsque la peur du rejet t’empêche d’exprimer une colère pourtant légitime. Cette colère retenue se retourne alors contre toi et vient alimenter la honte, la tristesse et le sentiment d’être responsable de ce qui arrive.

    Autrement dit, la culpabilité n’est pas une émotion qui apparaît de nulle part. Elle est souvent le résultat de plusieurs émotions qui, selon ton histoire et les situations que tu traverses, se combinent différemment jusqu’à produire toujours la même conclusion :

    « Le problème, c’est moi. »

    Ce qui se joue réellement

    La culpabilité n’est donc pas le problème.

    Elle est le symptôme d’un fonctionnement beaucoup plus profond.

    Lorsque ta valeur dépend du regard des autres, chaque critique devient une menace.

    Chaque déception devient un échec personnel.

    Chaque besoin des autres devient une responsabilité.

    Et chaque moment où tu prends soin de toi peut finir par être vécu comme une forme d’égoïsme.

    Au fond, ce n’est pas seulement la culpabilité qui te fait souffrir.

    C’est la croyance selon laquelle tu dois faire pour avoir de la valeur.

    Alors qu’en réalité…

    Un arbre n’a pas besoin de faire pour être.

    Il est.

    Et toi non plus, tu n’as pas à mériter le droit d’exister, de te reposer ou de prendre soin de toi.

    Et si tu pouvais désapprendre la culpabilité ?

    La bonne nouvelle, c’est que ce fonctionnement n’est pas une fatalité.

    Tu ne l’as pas choisi.

    Tu l’as appris.

    Et ce qui s’apprend peut aussi se désapprendre.

    Mais cela ne consiste pas à devenir égoïste ou à ne plus se soucier des autres.

    Il s’agit d’apprendre à ne plus faire passer systématiquement leurs besoins avant les tiens.

    À comprendre que ta valeur ne dépend ni de ce que tu produis, ni de ce que tu apportes, ni de la satisfaction des personnes qui t’entourent.

    Pour autant, la volonté seule ne suffit pas toujours. Ce mécanisme fonctionne en grande partie de manière inconsciente et une simple prise de conscience est rarement suffisante pour le transformer durablement.

    Le véritable changement ne consiste donc pas seulement à se dire : « Je ne devrais plus culpabiliser. »

    Il consiste à modifier le fonctionnement qui associe inconsciemment ta valeur à ce que tu fais.

    C’est précisément sur ce terrain-là qu’un accompagnement peut faire toute la différence.


    Si cet article a mis des mots sur ce que vous vivez, sachez qu’il est possible d’aller plus loin.

    Comprendre ce qui se joue est une première étape ; retrouver progressivement un équilibre en est une autre.

  • Anxiété et crises d’angoisse : comprendre le cercle vicieux

    Anxiété et crises d’angoisse : comprendre le cercle vicieux

    Tu pensais qu’en arrêt de travail, ton anxiété allait diminuer.

    Après tout, la source de stress semblait avoir disparu.

    Et pourtant…

    Les crises d’angoisse apparaissent ou deviennent plus fréquentes.

    Pourquoi ?

    Parce que ton travail s’est arrêté.

    Mais pas ton système nerveux.


    Ton cerveau ne fait pas la différence entre un danger réel… et un danger imaginé

    Lorsque tu rumines :

    • ce que tes collègues pensent de toi ;
    • la charge de travail qui t’attend au retour ;
    • la prochaine consultation médicale ;
    • l’avenir financier ;
    • la peur de ne jamais redevenir comme avant…

    Ton cerveau active exactement les mêmes circuits que si tu étais encore confronté à ces situations.

    Autrement dit :

    Tu n’es plus au travail.

    Mais ton cerveau, lui, continue d’y être.

    Et ton corps agit en conséquence.


    Le cercle vicieux

    Les pensées entretiennent les tensions.

    Les tensions entretiennent l’hypervigilance.

    L’hypervigilance augmente la sensibilité aux sensations corporelles.

    Et ces sensations alimentent à leur tour les pensées.

    Plus tu analyses ton angoisse…

    Plus ton cerveau conclut qu’il existe un danger.


    L’angoisse n’est pas seulement mentale

    Une crise d’angoisse n’est pas qu’une peur.

    C’est aussi :

    • une accélération du rythme cardiaque ;
    • une respiration modifiée ;
    • une boule dans la gorge ;
    • un nœud dans le ventre ;
    • des tremblements ;
    • une sensation d’étouffer.

    Toutes ces manifestations sont réelles.

    Mais elles ne signifient pas forcément que ton corps dysfonctionne.

    Elles traduisent souvent un système nerveux qui reste bloqué en mode survie.


    Le piège : avoir peur… de l’angoisse

    À ce stade, beaucoup de personnes ne souffrent plus seulement des crises.

    Elles souffrent aussi de ce qu’elles en concluent.

    Je suis en train de devenir fou.

    Je régresse.

    Je ne vais jamais m’en sortir.

    C’est ce qu’on appelle parfois « l’angoisse de l’angoisse ».

    Chaque crise devient la preuve que quelque chose ne va pas.

    Et cette interprétation entretient le cercle vicieux.


    Pourquoi certaines séances chez peuvent augmenter l’angoisse

    Il arrive que certaines personnes se sentent plus angoissées après une séance d’accompagnement psychologique ou thérapeutique.

    Cela peut être déstabilisant et parfois même faire douter de l’utilité de la démarche.

    Pourtant, ce phénomène n’est pas forcément le signe que quelque chose ne va pas.

    Certaines séances permettent de remettre en mouvement des émotions qui étaient enfouies ou maintenues à distance depuis longtemps. Ce travail peut, de manière temporaire, augmenter la sensibilité émotionnelle ou l’anxiété.

    Cela ne signifie pas que l’accompagnement est inadapté, mais plutôt que certains mécanismes sont en train d’émerger à la conscience.

    En revanche, cette augmentation de l’angoisse ne doit jamais être ignorée. Il est important d’en parler avec le professionnel qui vous accompagne afin de comprendre ce qui se joue, d’ajuster le rythme si nécessaire et de s’assurer que vous disposez des ressources suffisantes pour traverser cette étape.

    L’objectif n’est pas de vous laisser seul face à des émotions plus intenses, mais de les accueillir, les comprendre et les intégrer progressivement.

    Faire remonter une émotion n’est pas une finalité en soi. Encore faut-il pouvoir l’accompagner, lui donner du sens et aider le système nerveux à retrouver un état de sécurité.


    Peut-on agir ?

    Oui.

    Mais pas uniquement en essayant de supprimer l’angoisse.

    L’objectif est surtout de comprendre ce qui continue à maintenir ton système nerveux en état d’alerte.

    Cela peut passer par :

    • les pensées automatiques ;
    • les tensions corporelles ;
    • les émotions non digérées ;
    • certaines croyances ;
    • les mécanismes de culpabilité ;
    • les peurs liées à la reprise ;
    • les événements du passé qui restent actifs aujourd’hui.

    Chaque personne est différente.

    C’est pourquoi il n’existe pas une technique universelle.


    Ce que je travaille en accompagnement

    Je n’essaie pas simplement de faire disparaître les crises.

    Je cherche avec toi à comprendre ce qui les entretient.

    Parce qu’une fois que l’on identifie les mécanismes qui maintiennent ton système nerveux en alerte, il devient possible d’agir sur chacun d’eux progressivement.

    L’objectif n’est pas seulement de réduire la fréquence ou l’intensité des crises.

    C’est aussi de te permettre de retrouver suffisamment de sécurité intérieure pour que ton corps cesse peu à peu de fonctionner comme s’il était encore en danger.


    Si cet article a mis des mots sur ce que vous vivez, sachez qu’il est possible d’aller plus loin.

    Comprendre ce qui se joue est une première étape ; retrouver progressivement un équilibre en est une autre.

  • La charge mentale, une des nombreuses causes du burn-out ?

    La charge mentale, une des nombreuses causes du burn-out ?

    Oui, je sais, « charge mentale », c’est un terme très récent. Pourtant, il définit un mécanisme très ancien et propre à l’humain.

    En revanche, on ne peut pas réduire ce terme à une simple « to-do list » qui tourne dans la tête.

    Pourquoi ?

    Parce qu’en réalité, il couvre un champ beaucoup plus large.

    Pourquoi la charge mentale continue-t-elle même lorsque tu es en arrêt ?

    Pour faire un comparatif, prenons un ordinateur.

    42 onglets ouverts, un mail commencé, deux discussions Messenger entamées, une vidéo en pause, une recherche Google en cours, des pop-up, des mises à jour en attente, un document Word à finaliser plus tard…

    Bref, tu vois ce que je veux dire.

    Tu ne t’étonnes pas qu’il ralentisse.

    Alors pourquoi t’étonnes-tu que ton cerveau fatigue ?

    Les onglets de ton cerveau sont invisibles

    Pour ton cerveau, c’est exactement pareil.

    Au-delà des informations à traiter en priorité, il y a un tas d’onglets qui restent ouverts en arrière-plan.

    « Comment je vais payer les factures ? »

    « Quel exemple je donne à mes enfants s’ils me voient flancher ? »

    « Si je ne soulage pas un peu mon conjoint ou ma conjointe, il ou elle va finir en burn-out lui aussi… »

    « Comment mes collègues vont-ils s’en sortir sans moi ? »

    « Est-ce que mon médecin va prolonger mon arrêt ? Est-ce qu’il pense que je simule ? »

    Et puis il y a tous les pop-up issus de ton histoire.

    Ces blessures, ces traumatismes, ces expériences qui apprennent parfois à ton cerveau à rester sur le qui-vive.

    Il suffit d’une remarque, d’un silence, d’un regard ou d’une situation qui ressemble à quelque chose que tu as déjà vécu pour que de nouvelles questions apparaissent.

    « Pourquoi il m’a répondu comme ça ? »

    « Qu’est-ce qu’elle va penser si je fais ça ? »

    « Est-ce que je vais encore être rejeté ? »

    Tu ne t’en rends même plus compte.

    Pour ton cerveau, c’est devenu normal.

    Pourquoi la charge mentale finit-elle par épuiser aussi ton corps ?

    Tout ça demande énormément d’énergie.

    Le cerveau est l’organe qui consomme le plus d’énergie de ton corps.

    Alors imagine ce qui se passe lorsqu’il reste mobilisé toute la journée.

    Petit à petit, cette activité permanente entretient aussi les crispations, les tensions physiques, les nœuds à l’estomac, les boules dans la gorge, le cœur qui s’accélère, la respiration qui devient plus courte…

    Bref, tous les symptômes du stress.

    Conséquence : tu es à fleur de peau émotionnellement.

    Parfois, ça se traduit par des réactions qui te paraissent disproportionnées.

    Parfois, au contraire, c’est une sorte de sidération.

    Comme si tu ne ressentais plus rien.

    Et comme tu ne te comprends plus…

    Une nouvelle question s’ajoute à toutes les autres.

    « Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? »

    Encore un onglet de plus.

    Et comme si cela ne suffisait pas, le burn-out ouvre lui aussi de nouveaux onglets.

    Là où tu pensais enfin pouvoir récupérer, ton cerveau découvre de nouvelles préoccupations.

    Tu te demandes comment tes collègues vont s’en sortir sans toi.

    Tu espères que la personne qui te remplace n’oubliera rien d’important.

    Tu te demandes si ton médecin renouvellera ton arrêt.

    Tu culpabilises de laisser davantage de responsabilités à ton conjoint ou à ta conjointe.

    Tu te demandes si tu retrouveras un jour la personne que tu étais avant.

    Autrement dit, le travail s’arrête…

    Mais la charge mentale, elle, change simplement de visage.

    Ce qui t’épuise aujourd’hui n’est pas seulement ce qui a provoqué ton burn-out. C’est aussi tout ce que le burn-out est venu ajouter.

    Pourquoi tes nuits ne sont-elles plus réparatrices ?

    Et le pire, c’est que même la nuit, ça continue à tourner.

    Tu t’endors en pensant à tes problèmes.

    Tu te réveilles et l’angoisse te prend d’assaut.

    Tu croyais avoir éteint l’ordinateur.

    En réalité, tu l’avais simplement mis en veille.

    Au réveil, il redémarre exactement là où il s’était arrêté.

    Les mêmes onglets.

    Les mêmes pop-up.

    Les mêmes recherches en arrière-plan.

    Tu as dormi.

    Mais ton cerveau, lui, ne s’est jamais vraiment reposé.

    Le véritable repos ne consiste pas seulement à arrêter de travailler

    Tu comprends maintenant, pourquoi la charge mentale est une cause du burnout, et tu comprends également qu’elle en est aussi, en partie une conséquence.

    S’il est normal que ton cerveau pense, ce qui l’est moins, c’est qu’il ne trouve plus le bouton « pause ».

    Tant que tous ces onglets restent ouverts, il continue de mobiliser une quantité considérable d’énergie.

    La bonne nouvelle, c’est qu’en comprenant pourquoi ils restent ouverts et en apprenant progressivement à les refermer, ce ne sont plus les automatismes qui régissent ta vie à ton insu.


    Si cet article a mis des mots sur ce que vous vivez, sachez qu’il est possible d’aller plus loin.

    Comprendre ce qui se joue est une première étape ; retrouver progressivement un équilibre en est une autre.

  • Pourquoi suis-je toujours fatigué alors que je suis en arrêt pour burn-out ?

    Pourquoi suis-je toujours fatigué alors que je suis en arrêt pour burn-out ?

    Même si tu dors beaucoup, plusieurs mécanismes peuvent continuer à entretenir ton épuisement.

    Le burn-out ne se résume pas à une fatigue.Il s’accompagne souvent de nombreux mécanismes qui entretiennent l’épuisement : charge mentale, culpabilité, anxiété, troubles du sommeil, perte d’estime de soi, peur de la reprise…

    Cet article t’en propose une première vue d’ensemble. Chacun de ces mécanismes sera ensuite développé dans un article dédié.


    Pourquoi le repos ne suffit-il pas après un burn-out ?

    Parce que le repos, ce n’est pas uniquement un arrêt de travail, parce que ton cerveau lui, il ne s’arrête pas si facilement.
    C’est ce qu’on appelle la charge mentale. La charge mentale joue un rôle majeur dans le burn-out. Elle mérite un article à elle seule tant ses effets sont souvent sous-estimés.😉


    Ce qu’il faut comprendre c’est que quand tu cogites, tu te crispes, c’est ce qui maintient ton corps en tension et ton système nerveux en mode « alerte ». On reparlera en détail de ce phénomène.

    Ton travail s’est arrêté… mais ton corps n’est pas encore au courant.

    Ton corps continue de fonctionner comme s’il devait encore faire face aux mêmes contraintes.

    Il ne s’apaise pas tant qu’il ne se sent pas en sécurité, donc tant que ça tourne dans ta tête, ça s’agite dans ton corps

    Autrement dit, tu ne vas plus au travail, mais tu y penses constamment et ton corps a l’impression d’y être encore. Et ça, ça te pompe, ça te plombe, ça te siphonne littéralement ton énergie.

    Donc tu accumules fatigue physique, suractivité mentale, tension corporelle, et forcément, je te le donne en mille : la réaction en chaine provoque une hypersensibilité émotionnelle ou dans certains cas, une anesthésie émotionnelle.
    L’anxiété et les angoisses sont souvent les conséquences directes de ces mécanismes.

    Et tout ça, c’est sans compter sur la culpabilité !

    Le fait de ne plus remplir ton rôle au travail et la peur que tu peux ressentir à l’idée de ce que les autres pensent de toi entraine de la culpabilité.

    Elle peut prendre des formes très différentes.

    Tu n’es pas habitué à ne rien faire.

    Alors tu remplis tes journées de ménage, de rangement, de jardinage ou de démarches administratives…
    Tu te casses en 2 pour épauler certains de tes proches…
    Tu cogites H24 en retournant les mêmes questions dans ta tête et surtout tu te juges, tu te dis que tu as un problème, que ce n’est pas normal de ne plus pouvoir assurer…

    Et tu crois que tu te reposes…

    Ou bien tu penses à tes collègues.

    Tu te demandes comment ils s’en sortent sans toi.

    Tu culpabilises de les laisser gérer seuls.

    Tu redoutes leur regard.

    Tu as peur qu’ils pensent que tu exagères ou que tu simules.                 
    Et tu crois que tu te reposes !

    La culpabilité, comme tu le découvriras bientôt, c’est de la honte et de la colère retournée contre soi…


    Et puis, il y a d’autres phénomènes qui s’ajoutent !

    Les rendez-vous médicaux, la prise en charge psy, les traitements !

    Le rendez-vous médical génère souvent son propre stress, tu te demandes si ton médecin va « te croire ».
    Tu as peur qu’il te juge apte au travail et t’y renvoie et qu’il pense que tu simules.

    Et en même temps, tu ne veux pas qu’il te juge inapte.

    Et toutes les questions que tu te poses à son sujet ajoutent à ta charge mentale et à tes cogitations, et ça, ça entretient l’angoisse et la culpabilité…
    Quant au psy, si certains le vivent bien, d’autre le vivent comme s’ils étaient traités pour une maladie mentale, ce qui ajoute de la dévalorisation.
    Un autre point qu’on développera à l’occasion, parce que oui, j’ai souvent remarqué que les personnes en burn-out se dévalorisent, perdent leur estime d’elle-même et une partie de leur confiance en soi.
    Et puis les traitements, c’est bien, ça fait dormir, même parfois trop, alors tu te lèves un peu dans le cirage, ça entretient le brouillard mental, et ces nuits de sommeil qui , certes, peuvent être plus longues, ne sont pas forcément réparatrices.

    Tu l’auras compris, le repos ne consiste pas seulement à arrêter de travailler.

    Le repos n’est pas seulement l’absence de travail. C’est la capacité retrouvée de laisser son corps, son mental et ses émotions sortir progressivement de l’état d’alerte.

    Alors, au lieu de te demander pourquoi le repos ne suffit pas…

    …demande-toi d’abord si tu te reposes vraiment.


    Comment retrouver un repos réellement réparateur après un burn-out ?

    Si tu traverses un burn-out ou une période d’épuisement, il est parfois difficile de distinguer ce qui relève de la fatigue, du stress ou des mécanismes qui continuent à maintenir ton organisme en tension.

    Comprendre ce qui se joue est souvent une première étape vers un équilibre plus durable.
    Tu t’es peut-être reconnu dans plusieurs de ces mécanismes.

    Comprendre ce qui se joue est souvent une première étape.

    Pour aller plus loin, c’est par ici:

    Dans les prochains articles, nous approfondirons notamment :

    • la charge mentale ;
    • la culpabilité ;
    • les angoisses ;
    • le sommeil ;
    • les rendez-vous médicaux ;
    • la peur de la reprise…