Tu pensais qu’en arrêt de travail, ton anxiété allait diminuer.
Après tout, la source de stress semblait avoir disparu.
Et pourtant…
Les crises d’angoisse apparaissent ou deviennent plus fréquentes.
Pourquoi ?
Parce que ton travail s’est arrêté.
Mais pas ton système nerveux.
Ton cerveau ne fait pas la différence entre un danger réel… et un danger imaginé
Lorsque tu rumines :
- ce que tes collègues pensent de toi ;
- la charge de travail qui t’attend au retour ;
- la prochaine consultation médicale ;
- l’avenir financier ;
- la peur de ne jamais redevenir comme avant…
Ton cerveau active exactement les mêmes circuits que si tu étais encore confronté à ces situations.
Autrement dit :
Tu n’es plus au travail.
Mais ton cerveau, lui, continue d’y être.
Et ton corps agit en conséquence.
Le cercle vicieux
Les pensées entretiennent les tensions.
Les tensions entretiennent l’hypervigilance.
L’hypervigilance augmente la sensibilité aux sensations corporelles.
Et ces sensations alimentent à leur tour les pensées.
Plus tu analyses ton angoisse…
Plus ton cerveau conclut qu’il existe un danger.
L’angoisse n’est pas seulement mentale
Une crise d’angoisse n’est pas qu’une peur.
C’est aussi :
- une accélération du rythme cardiaque ;
- une respiration modifiée ;
- une boule dans la gorge ;
- un nœud dans le ventre ;
- des tremblements ;
- une sensation d’étouffer.
Toutes ces manifestations sont réelles.
Mais elles ne signifient pas forcément que ton corps dysfonctionne.
Elles traduisent souvent un système nerveux qui reste bloqué en mode survie.
Le piège : avoir peur… de l’angoisse
À ce stade, beaucoup de personnes ne souffrent plus seulement des crises.
Elles souffrent aussi de ce qu’elles en concluent.
Je suis en train de devenir fou.
Je régresse.
Je ne vais jamais m’en sortir.
C’est ce qu’on appelle parfois « l’angoisse de l’angoisse ».
Chaque crise devient la preuve que quelque chose ne va pas.
Et cette interprétation entretient le cercle vicieux.
Pourquoi certaines séances chez peuvent augmenter l’angoisse
Il arrive que certaines personnes se sentent plus angoissées après une séance d’accompagnement psychologique ou thérapeutique.
Cela peut être déstabilisant et parfois même faire douter de l’utilité de la démarche.
Pourtant, ce phénomène n’est pas forcément le signe que quelque chose ne va pas.
Certaines séances permettent de remettre en mouvement des émotions qui étaient enfouies ou maintenues à distance depuis longtemps. Ce travail peut, de manière temporaire, augmenter la sensibilité émotionnelle ou l’anxiété.
Cela ne signifie pas que l’accompagnement est inadapté, mais plutôt que certains mécanismes sont en train d’émerger à la conscience.
En revanche, cette augmentation de l’angoisse ne doit jamais être ignorée. Il est important d’en parler avec le professionnel qui vous accompagne afin de comprendre ce qui se joue, d’ajuster le rythme si nécessaire et de s’assurer que vous disposez des ressources suffisantes pour traverser cette étape.
L’objectif n’est pas de vous laisser seul face à des émotions plus intenses, mais de les accueillir, les comprendre et les intégrer progressivement.
Faire remonter une émotion n’est pas une finalité en soi. Encore faut-il pouvoir l’accompagner, lui donner du sens et aider le système nerveux à retrouver un état de sécurité.
Peut-on agir ?
Oui.
Mais pas uniquement en essayant de supprimer l’angoisse.
L’objectif est surtout de comprendre ce qui continue à maintenir ton système nerveux en état d’alerte.
Cela peut passer par :
- les pensées automatiques ;
- les tensions corporelles ;
- les émotions non digérées ;
- certaines croyances ;
- les mécanismes de culpabilité ;
- les peurs liées à la reprise ;
- les événements du passé qui restent actifs aujourd’hui.
Chaque personne est différente.
C’est pourquoi il n’existe pas une technique universelle.
Ce que je travaille en accompagnement
Je n’essaie pas simplement de faire disparaître les crises.
Je cherche avec toi à comprendre ce qui les entretient.
Parce qu’une fois que l’on identifie les mécanismes qui maintiennent ton système nerveux en alerte, il devient possible d’agir sur chacun d’eux progressivement.
L’objectif n’est pas seulement de réduire la fréquence ou l’intensité des crises.
C’est aussi de te permettre de retrouver suffisamment de sécurité intérieure pour que ton corps cesse peu à peu de fonctionner comme s’il était encore en danger.
Si cet article a mis des mots sur ce que vous vivez, sachez qu’il est possible d’aller plus loin.
Comprendre ce qui se joue est une première étape ; retrouver progressivement un équilibre en est une autre.

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